TVA

TVA 5,5 %, 10 % ou 20 % : quel taux appliquer sur tes chantiers

Rénovation, neuf, travaux énergétiques : le taux de TVA dépend du chantier. Les trois taux du bâtiment, quand les utiliser, et la mention que ton client doit certifier.

Mis à jour le 13 octobre 2026
Mur en cours de rénovation avec une fenêtre neuve, une coupe montrant briques et isolant, un radiateur bleu marine et une clé à tube au sol.
Sommaire

La règle tient en une phrase : 20 % par défaut, 10 % pour la rénovation d'un logement achevé depuis plus de deux ans, 5,5 % pour les travaux d'amélioration énergétique. C'est un vrai avantage pour ton client, et une source d'erreurs pour toi si tu te trompes de taux.

Car si tu appliques 10 % là où il fallait 20 %, c'est toi qui devras la différence. Autant poser les règles une bonne fois.

Les trois taux, en une phrase chacun

20 %
le taux par défaut : neuf, local pro, logement de moins de deux ans
10 %
rénovation d'un logement achevé depuis plus de deux ans
5,5 %
travaux d'amélioration de la performance énergétique

La logique des trois taux du bâtiment tient en une phrase : passé deux ans, le logement ouvre droit au taux réduit, et plus les travaux améliorent sa performance énergétique, plus le taux de TVA baisse.

Le 10 %, ton cas le plus fréquent

Pour une TPE du bâtiment qui rénove des logements de particuliers, le 10 % est souvent le taux du quotidien. Le texte de référence est l'article 279-0 bis du CGI, qui vise les « travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien » portant sur des « locaux à usage d'habitation, achevés depuis plus de deux ans ». Trois conditions doivent donc être réunies en même temps.

  1. Le local est un logement (ou le devient à l'issue des travaux), pas un bureau ni un commerce.
  2. Ce logement est achevé depuis plus de deux ans au moment où tu commences les travaux.
  3. Il s'agit de travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement ou d'entretien, main-d'oeuvre et matériaux fournis par toi.

Une réfection de salle de bain, la pose d'une cuisine, le remplacement d'une toiture, une reprise d'électricité dans une maison de dix ans : tout ça, c'est du 10 %.

Le 5,5 %, pour la rénovation énergétique

Le taux réduit récompense les travaux qui font baisser la facture d'énergie du logement. Isolation des murs, des combles ou du plancher, pose d'une pompe à chaleur, de menuiseries isolantes : la fourniture et la pose passent à 5,5 %. Une chaudière gaz ou fioul, même performante, est à 20 % depuis le 1er mars 2025.

Un point important : quand tu fais des travaux induits, indissociables des travaux énergétiques, ils suivent le même taux. Si tu dois reprendre une saignée ou refaire un doublage à cause de l'isolation, cette partie peut aussi être à 5,5 %. En revanche, une rénovation de confort à côté, sans lien avec l'énergie, reste à son propre taux.

Le piège de la TVA sur les matériaux seuls

Voici l'erreur classique. Les taux réduits de 10 % et 5,5 % s'appliquent aux travaux, c'est-à-dire à une prestation qui comprend la pose. Si tu te contentes de vendre du matériel sans le poser, cette vente reste à 20 %.

De la même façon, certains équipements ne bénéficient pas du taux réduit même posés : l'électroménager, même encastré, le mobilier, et certains gros équipements comme la climatisation.

La mention du client, ce qu'il faut savoir

Pour appliquer le 10 % ou le 5,5 %, le chantier doit remplir les conditions du taux réduit, et c'est ton client qui le certifie.

Depuis le 1er mars 2025, l'attestation papier, normale ou simplifiée, n'est plus requise. À la place, le client certifie par une mention portée sur ton devis ou ta facture que les travaux remplissent les conditions du taux réduit. Le texte à copier est dans la mention qui remplace l'attestation TVA.

Comment tu t'y retrouves sur un devis

Le vrai confort, c'est de ne plus avoir à y penser ligne par ligne. Sur un même chantier tu peux mélanger plusieurs taux : la main-d'oeuvre à 10 %, l'isolation à 5,5 %, un équipement à 20 %. Un devis propre affiche chaque taux au bon endroit et calcule la TVA multi-taux tout seul.

C'est exactement le genre de calcul qu'un outil doit porter à ta place. Tu choisis le taux sur la ligne, le total se met à jour, et la ventilation de TVA en pied de devis est juste. Toi, tu gardes la tête sur le chantier. Pour voir ce que ça donne sur les chantiers de ton métier : le logiciel de devis Aplorio pour électricien, pour plombier chauffagiste ou pour maçon.

Questions fréquentes

Puis-je facturer à 10 % sur une maison de moins de deux ans ?

Non. Le taux intermédiaire de 10 % exige un logement achevé depuis plus de deux ans au début des travaux. En dessous, c'est le taux normal de 20 % qui s'applique.

Qui est responsable si le taux appliqué est faux ?

Toi, l'artisan qui a émis la facture. Si l'administration requalifie un chantier facturé à 10 % en 20 %, c'est à toi de payer la différence. Ton client n'en répond avec toi que si la mention qu'il a certifiée sur le devis ou la facture était inexacte de son fait.

L'attestation TVA papier est-elle toujours obligatoire ?

Non. Depuis le 1er mars 2025, l'attestation normale ou simplifiée n'est plus requise. Le client certifie, par une mention sur le devis ou la facture, que les travaux remplissent les conditions du taux réduit.

À retenir

Trois taux, une logique simple : 20 % par défaut, 10 % pour rénover un logement de plus de deux ans, 5,5 % pour l'améliorer côté énergie. La pose fait la différence entre un taux réduit et le 20 % du matériel seul. Et jamais de taux réduit sans la mention de ton client sur le devis ou la facture.